|
Nous avons le plaisir de vous présenter aujourd'hui une exposition des œuvres de MIWA Kyûsetsu XII, intitulée "Eros d'argile et Thanatos fusionnels".
A l'ouest de l'archipel nippon se trouve un petit bourg médiéval du nom de Hagi. L'endroit est connu pour avoir abrité les jeunes loyalistes qui devinrent le fer de lance de la révolution que fut la Restauration de Meiji mettant un terme au régime shogounal en 1868. C'est là que naquit en 1940 un certain Ryôsaku, fils aîné de la dynastie MIWA, célèbre famille de potiers dont l'histoire remonte à près de quatre siècles, et qui aujourd'hui porte le titre de Kyûsetsu.
A l'Université des Beaux-Arts de Tôkyô, Kyûsetsu étudie la sculpture contemporaine, la peinture et la céramique, et y termine un cursus post-universitaire en 1967. L'œuvre qu'il présente pour l'obtention de son diplôme, L'Elégante Vie de Hanako (également connue sous le titre de Talon Aiguille) retient l'attention en ce qu'elle fait se rencontrer le monde de la poterie et Eros.
S'ensuivirent plusieurs expositions personnelles déclinant la même thématique: "Désirs suaves de MIWA Ryôsaku" en 1968, "Sève d'amour par MIWA Ryôsaku" en 1970, toutes deux à la galerie Ichibankan de Tokyo. Délaissant le cadre jusque-là bien établi de la poterie, ces expositions lancent une pierre dérangeante dans le jardin bien ordonné du monde de la céramique, et obtiennent un grand retentissement.
Le style de Kyûsetsu évolue au fil du temps dans une constante quête de nouveaux modes d'expression. Les expositions se succèdent et en 2003, Kyûsetsu est sacré 12ème du nom, prenant ainsi les rênes des fours ancestraux des MIWA. En 2007 est organisée une grande rétrospective de ses œuvres au Musée de Shandong en Chine, dans le cadre des commémorations du 25ème anniversaire du traité d'amitié entre le département japonais de Yamaguchi et la province chinoise de Shandong. La manifestation recueille les louanges de la critique tant japonaise qu'étrangère.
La présente exposition propose une centaine d'œuvres qui retracent 40 années de création du potier MIWA Kyûsetsu XII, parmi lesquelles certaines de taille monumentale comme Souffle du dragon dans les nuages blancs (1995) ou Calligraphies de Himiko (2ème série) (1992). Cet ensemble de réalisations puissantes et originales révèle l'opposition entre deux extrêmes : d'un côté un Eros en quête de Vérité et aspirant au summum du Beau, et de l'autre un Thanatos, incarnant la souffrance, voire la Mort – une dualité éloquente qui interpellera sans nul doute le spectateur. Nous espérons que cette exposition saura démontrer la force de l'art de Kyûsetsu et faire comprendre l'onde de choc que cet artiste n'a cessé de provoquer au cours de sa carrière, sur le monde artistique japonais.
Pour terminer, nous tenons à exprimer notre profonde reconnaissance aux musées et aux collectionneurs qui ont bien voulu nous prêter leurs précieuses œuvres pour les besoins de cette manifestation, et à remercier également tous ceux qui, de près ou de loin, nous ont apporté leur collaboration pour la réalisation de ce projet. |